COMMENT ACCOMPAGNER MON ENFANT OU MON ADO S’IL EST HYPERSENSIBLE?

Par Cerveau et Psychologie

Certaines personnes, jeunes et moins jeunes, ont une capacité de sentir et ressentir diverses stimulations de manière intense. Ansi, on parle parfois de ces bébés décrits comme BABI, car ils semblent réagir de manière intense quand ils sont stimulés ou qu'ils sont pris avec un besoin non-répondu. Grâce à l’expérience clinique, on constate qu’elles sont sensibles à toute une série de stimuli et y réagissent de manière importante. Plongeons dans quelques histoires de jeunes pour nous permettre de mieux comprendre cette réalité somme toute pas si rare que cela...

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Comprendre les émotions qui nous habitent n’est pas toujours chose facile, alors que cela semble tellement se compliquer pour les personnes décrites comme hypersensibles. Pour comprendre ce phénomène, plongeons dans l’histoire de trois enfants et ados…

• Qu’est-ce qu’une personne hypersensible?
• Est-ce un diagnostic ou une caractéristique?
• Comment compose-t-elle avec cette hypersensibilité?

En fait, certaines personnes ont une capacité de sentir et ressentir diverses stimulations de manière intense.

Grâce à l’expérience clinique, on constate qu’elles sont sensibles à toute une série de stimuli et y réagissent de manière importante. Par exemple, elles peuvent avoir la larme à l’œil plus facilement, être irritées par des sons qu’on n’entend pas nécessairement, ressentir plus intensément les changements de température, etc.

Néanmoins, elles ne sont pas toutes sensibles aux mêmes situations et deux personnes sensibles au même type de stimulus n’agiront pas nécessairement de la même manière.

Ainsi, le tableau des causes et des symptômes est large. C’est une situation qui s’avère dès lors compliquée à explorer pour le monde médical et psychosocial qui recherche souvent des lectures linéaires d’un problème.

Par ailleurs, beaucoup de personnes autistes semblent hypersensibles et réagissent à certains bruits environnants ou textures de textiles, mais celles qui sont hypersensibles ne sont pas nécessairement autistes.

Le déclencheur de la réaction des hypersensibles peut être une caractéristique physique, mais aussi l’ambiance ou la qualité d’un lieu dans lequel les stimulations sont peu conscientisées par le commun des mortels. C’est ainsi que ces derniers se moquent souvent des premiers.

En ce qui concerne les enfants et les adolescents hypersensibles, on constate qu’ils ont de la difficulté à tolérer certaines situations quand leurs sens sont très stimulés, alors que plusieurs voient leurs émotions déborder plus facilement.

Plus leur vie est complexe, plus il sera nécessaire de veiller à ce qu’ils se sentent en sécurité dans leurs différents milieux de vie. Ils ont un grand besoin d’être rassurés, voire apaisés. C’est ainsi que les symptômes les plus fréquents sont liés à leur capacité de réguler leur anxiété diffuse.

• Est-ce que votre enfant est particulièrement anxieux, mais sans que vous ne soyez en mesure d’identifier clairement le déclencheur?
• Est-ce qu’un élève vous préoccupe par sa grande sensibilité à l’environnement émotif de la classe?
• Est-ce que vous vous sentez outillé pour bien l’accompagner en classe, alors que vous ne pouvez pas toujours identifier les raisons de ses réactions?
• Vous sentez-vous à bout de ressources et de mots réconfortants pour rassurer votre enfant qui pleure régulièrement ou refuse d’aller à l’école?
• Est-ce qu’il vous arrive de vous demander si vous êtes responsables du fait que votre enfant soit si anxieux?
• Est-ce que vous aimeriez le rassurer plus efficacement?
• Que se passe-t-il dans le cerveau et dans le corps des enfants et des ados hypersensibles?

Dans ce dossier, nous aborderons l’hypersensibilité affective-sensorielle afin de mieux comprendre les enjeux reliés au thème ainsi que les différentes façons d’outiller nos enfants et nos ados pour qu’ils puissent vivre une vie plus sereine.

JULIETTE, 4 ANS

Juliette peut poser mille et une questions dans une journée.

Chaque matin, elle interroge ses parents et son éducatrice à propos des activités qu’elle fera durant la journée. Elle les interroge pour savoir qui sera ou ne sera pas présent, ainsi que les « caractéristiques » de l’endroit où elle ira. Et s’il est nouveau, elle a besoin de s’assurer que ce sera un endroit similaire à ceux qu’elle connaît.

Les parents sont inquiets, car ils se demandent pourquoi elle pose autant de questions. « Mais pourquoi ne nous fait-elle pas confiance, se demandent-ils. Pourquoi a-t-elle toujours besoin de comprendre? »

En effet, elle ne semble rassurée que si on explique chaque détail de l’activité prévue, chaque étape de la journée ou chaque personne rencontrée…

Toutefois, cette impression d’être rassurée ne dure qu’un court instant, car elle se retrouve très vite à fleur de peau. Elle pleure plus facilement. Parfois, elle refuse de « coopérer » pour les petites tâches à réaliser avant le départ. Est-ce juste une réaction à la transition, se demandent ses parents?

Quand ils sont en visite ou qu’elle participe à une fête d’amies, Juliette a de la difficulté à quitter ses parents, même s’ils l’invitent à aller jouer. Plus ils lui proposent de s’éloigner, plus elle s’accroche. Plus il y a du bruit ou beaucoup de mouvements autour, plus elle veut grimper dans les bras de ses parents.

Même si elle connaît les lieux et les personnes, rien n’y fait…

Ces moments sont éprouvants pour tous les membres de la famille, car ce sont des activités souvent organisées pour leur fille et les parents sont déçus de voir comment elle réagit. Ils sont déçus. Ils font tellement tout pour elle et ils ont l’impression que tout ce qu’ils font est voué à l’échec.

Parfois, ils lui reprochent de manquer de reconnaissance et lui reproche amèrement ses réactions: « La prochaine fois, on n’organisera pas d’activité si tu es pour réagir comme ça. Ressaisis-toi, car sinon nous resterons à la maison. »

En entendant les reproches, la fillette fige. Elle ne dit rien. Ses yeux sont mouillés. On sent tellement sa peine. D’autres fois, ces remarques déclenchent plutôt une crise. Elle donne des coups ou s’enfuit et se cache.

Ainsi, ils se fâchent encore plus fort, mais ils finissent par passer un temps important pour la consoler. Les parents ne savent plus comment gérer ces réactions, ils se jugent beaucoup…

• Pourquoi les autres enfants de son âge semblent à l’aise dans toute cette agitation alors qu’elle ne semble pas se sentir en sécurité?

Ils sont pourtant des parents très présents pour leur fille. Quand ils sont capables de maîtriser leur déception, ils essaient de la rassurer en lui disant qu’elle est en sécurité et qu’il n’y a pas de danger. Mais, rien n’y fait.

• Est-elle normale, cette fillette?
• Devraient-ils s’inquiéter?
• Et vous, est-ce que votre enfant semble inconfortable dans des endroits où il y a beaucoup de stimulations?

Les parents de Juliette ne savent pas comment s’y prendre avec leur fille. Les mots rassurants ne suffisent pas. Encore un échec?

• Devraient-ils insister davantage, comme le proposent les grands-parents, ou devraient-ils être plus compréhensifs et ne pas la forcer?
• Y a-t-il des moments ou des situations qui sont particulièrement une source de stress pour votre enfant?

UNE RENCONTRE INATTENDUE

Une amie des parents suggère d’essayer une approche alternative pour aider Juliette. L’amie leur partage d’abord sa rencontre avec une ergothérapeute qui lui avait été référée par son médecin, alors que sa fille se comportait comme Juliette.

Elles avaient donc rencontré cette praticienne qui leur avait fait découvrir comment certains exercices réduisaient l’intolérance aux textures de Delphine. Celle-ci parlait toujours autant, mais ils avaient constaté que l’anxiété diffuse était toujours très présente.

Poursuivant son témoignage, la mère de Delphine expliqua que l’ergothérapeute leur conseilla alors de rencontrer une ostéopathe avec qui elle collaborait souvent. Ne connaissant pas cette pratique, elle hésita, mais l’ergothérapeute la rassura. Elle consulta donc cette autre thérapeute qui a vraiment fait une différence pour aider Delphine, quelques années plus tôt.

À bout de ressources, les parents se disent qu’ils n’ont rien à perdre et, qui sait, cela soutiendra peut-être leur fille quand elle se sent envahie par ses émotions. C’est ainsi que la maman de Juliette prend rendez-vous chez l’ostéopathe de son amie.

À sa grande surprise, la thérapeute explique au téléphone qu’elle intervient généralement d’abord auprès de la maman, puis ce sera ensuite le tour de Juliette.

Pour rassurer la maman, l’ostéopathe raconte que les enfants sont très proches des émotions de leurs parents, surtout de leur maman à l’âge de Juliette. Elle explique qu’avec son expérience, les enfants sont plus réceptifs quand ils voient que leur maman reçoit, en premier, un soin. Elle ajoute qu’elle constate souvent que, lorsque la maman relâche la pression durant le traitement, l’enfant s’apaise instantanément.

À la fin du traitement, toutes les deux sont effectivement apaisées. Avant de quitter, l’ostéopathe suggère à la maman d’effectuer des exercices complémentaires avec sa fillette afin d’amener cette dernière à ressentir son corps, surtout ses jambes. Elle montre comment ramener les sensations afin de calmer l’hypersensibilité. Quelque part, c’est le principe de la pleine présence: on met le focus sur le moment présent et sur les sensations pour mieux gérer ce qui se passe autour de soi.

L’ostéopathe ajoute toutefois que les enfants ont besoin d’être accompagnés pour effectuer les exercices, car leur cerveau ne permet pas encore assez de volonté pour réaliser les exercices seuls. C’est un gros effort pour eux, surtout que dans un premier temps, ils ressentent plus d’inconfort que de plaisir. La présence rassurante des adultes est essentielle.

C’est décidé. Les parents vont tenter l’expérience avec Juliette. Ils vont modifier la routine du coucher pour intégrer les exercices avec leur fillette qu’ils feront ensemble.

C’est ainsi que le papa ou la maman prend soin de bien expirer, puis d’inspirer profondément. Juliette mime le mouvement respiratoire couchée dans le lit.

Puis, le parent prend les deux pieds et il exerce des petites secousses sur les jambes de sa fille en tirant dessus doucement. Ensuite, ils font le mouvement circulaire du vélo avec les jambes de Juliette. Enfin, ils concluent avec un massage des pieds de l’enfant.

Juliette adore ce moment-complice avec son père ou sa mère. Elle sent que cela lui fait du bien et il n’est pas rare qu’elle leur demande de l’aide durant la journée pour refaire la séquence d’exercices.

Juliette a fait l’expérience que, lorsqu’elle effectue ces exercices, cela calme ses émotions. Il appert que son anxiété diffuse s’estompe et que les comportements qui désespéraient ses parents sont beaucoup moins fréquents. Et lorsque Juliette manifeste un inconfort, ses parents la guident et l’aident à nommer les sensations dans son corps en l’invitant à ressentir la plante des pieds et de bien les ancrer dans le sol comme si, par exemple, elle était un arbre majestueux.

Bien sûr, leur fille demeure très sensible aux bruits, aux ambiances et aux changements. Cela fait partie de sa nature, les parents le constatent, mais ils sont plus rassurés. Ils savent qu’ils devront guider Juliette, comme la maman de Delphine poursuit cette routine depuis plusieurs années.

Toutefois, ils savent aussi que le fait de l’outiller pour qu’elle développe son coffre à outils qui lui permettra de vivre sa vie le plus sereinement possible.

Retenons que …

1) Même s’ils ne réagissent pas tous de la même façon, les enfants hypersensibles ont une capacité de sentir et ressentir importante, voire parfois très intense aux divers stimuli (bruits, lumières, textures, ambiance des lieux, émotions des autres, changements, etc.).

2) Ces enfants ont un grand besoin d’être rassurés. Leur cerveau capte un grand flux d’informations qu’ils ne savent pas comment gérer. Ils ont besoin d’être accompagnés et outillés pour apprendre à gérer l’intensité ressentie quand les stimuli sont envahissants.

3) Comme ils vivent de l’anxiété diffuse, des exercices qui aident ces enfants à retrouver les sensations dans leur corps tout en utilisant la respiration pleine et entière sont nécessaires pour les soutenir et leur permettre de revenir dans le moment présent.

POUR EN SAVOIR PLUS …

• Mélou & Dr Jay – L’école des émotions (accéder à la formation).

• Les crises de l’enfant de 3 à 7 ans (accéder à la formation).

• Apprivoiser les 1001 émotions qui colorent la vie des familles / Module complet sur les enfants hypersensibles (accéder à la formation).

MATHYS, 7 ANS

Nathalie est enseignante en 2e année primaire. Parmi ses élèves, il y a Mathys un enfant de 7 ans plein de vie.

Depuis le début de l’année, elle a découvert qu’il est aussi drôle qu’attachant. Elle aime sa créativité et son imagination. Toutefois, elle se sent préoccupée, car il réagit parfois avec beaucoup d’intensité!

En effet, il se montre très sensible à tout ce qui l’entoure. Il remarque tout dans les moindres détails, alors qu’il semble envahi dès que le niveau de stress monte dans la classe ou que ses pairs agissent de manière dérangeante. Le pire, c’est le temps de midi dans le réfectoire.

Déjà que, parfois, il arrive à l’école avec plein d’émotions et réagit d’une manière surprenante: il fuit le regard, il est grognon, il exécute difficilement les tâches imparties, il refuse de collaborer avec d’autres élèves, il a de la difficulté à coopérer dans les jeux, etc.

Nathalie invite alors la maman de Mathys à la rencontrer. La jeune maman est pleine de bonne volonté. Elle confirme que son fils, lors des devoirs et leçons réalisés à la maison, soupire et procrastine. Elle lui explique que Mathys l’apprécie beaucoup, mais qu’il pleure souvent le matin pour ne pas prendre le bus et fait tout ce qu’il peut pour éviter d’aller à l’école.

• Que se passe-t-il ces fameuses journées-là pour que Mathys se sente particulièrement insécure?
• Y a-t-il un élément déclencheur?

L’enseignante explique à la mère de Mathys ce qu’elle avait observé lors de la préparation d’une journée spéciale à l’école. De multiples activités extérieures étaient annoncées. Plus on se rapprochait de cette fête, plus les élèves de la classe étaient enthousiastes. Certains étaient fébriles, voire excités, mais tous anticipaient joyeusement cette journée spéciale.

Pourtant, Nathalie nota que Mathys préférait, de son côté, s’isoler. Elle explique qu’elle a l’impression qu’il « capte » toutes les émotions des élèves de la classe, qu’il les emmagasine et qu’il finit par s’opposer aux consignes données. Elle suspecte qu’il semble envahi et qu’il n’arrive pas à gérer l’intensité émotionnelle.

Et la maman d’ajouter que, de fait, ce genre d’activités semble conduire droit vers des explosions de colère ou de longs moments de pleurs quand l’enfant revient à la maison. Prise au dépourvu, la maman ne sait pas plus quoi faire que Nathalie pour aider Mathys.

• Vous arrive-t-il de vous sentir pris au dépourvu par les émotions de votre enfant quand son contenant déborde alors qu’il devrait être en train de vivre un moment joyeux?
• Est-ce ça l’hypersensibilité: être particulièrement sensible aux ambiances environnantes et aux émotions des autres?
• Que fait-on lorsqu’un enfant est pris avec tout ce flux d’informations qui devient envahissant, alors que cela ne lui appartient pas?
• Comment outiller un élève à composer avec cette hypersensibilité?
• Comment faites-vous pour composer avec l’hypersensibilité de votre enfant et comment l’outillez-vous?

UN TRAVAIL D’ÉQUIPE POUR MIEUX OUTILLER L’ENFANT

Au fil de l’échange respectueux entre la mère et l’enseignante, les deux femmes partagent et comparent leurs observations.

Elles plaisantent aussi à force de constater à quel point elles l’adorent, mais aussi comment il peut venir les chercher avec autant d’intensité qu’il en manifeste quand il explose.

Elles savent ce qui est difficile, mais elles cherchent aussi les points d’appui sur lesquels elles vont être en mesure d’aider Mathys.

La mère de l’enfant explique que son mari et elle tentent de le sécuriser du mieux qu’ils peuvent quand ils constatent que « ça ne va pas pour lui ». Ils délaient les devoirs pour diminuer les points de friction. Parfois, explique-t-elle, c’est plus facile de tout faire le samedi matin, avant d’aller faire des activités familiales.
Ainsi, ils privilégient une atmosphère calme à la maison. Ils prennent le temps de respirer ensemble, puis ils le massent. Parfois, le papa le chatouille ou ils se bataillent jusqu’à ce qu’il relâche les tensions.

Nathalie s’inquiète du consentement de Mathys, ce à quoi la maman répond que son conjoint vérifie toujours avant de pratiquer ce rituel. Un peu dépitée, elle complète que cela ne marche pas quand c’est elle qui le fait. « C’est vraiment un moment entre les gars » complète-elle.

C’est plus compliqué le matin, explique alors la maman. Elle a beau faire la routine jusqu’à ce qu’il s’apaise, Mathys rechigne de partir pour l’école. Elle avoue qu’ils se sentent impuissants. Ils se disent que c’est alors entre les mains de Nathalie et de l’école, mais qu’ils redoutent les courriels d’avertissement qu’il a transgressé le code de vie.

« C’est comme un coup en plein cœur quand je lis les messages, même le simple fait de voir qu’il y a un courriel provenant de l’école me donne des hauts-le-cœur, » avoue la maman de Mathys. Nathalie essaie de la rassurer: « on vous écrit pour vous informer, pas pour vous reprocher les comportements de l’élève! »

La mère explique qu’elle a un vécu difficile avec l’école, mais qu’elle aimerait vraiment faire le pont entre ce que vit leur enfant à la maison et ce qu’il vit à l’école afin de mieux accompagner l’enfant dans la gestion de ses émotions, afin qu’il puisse devenir plus autonome.
Elles déterminent alors une façon de communiquer qui témoignera mieux de leur complicité naissante. Quelque part, leur bienveillance l’une envers l’autre va contribuer à mieux guider Mathys qui pourra utiliser des outils et des façons de faire cohérentes pour construire son sentiment de sécurité.

Parmi les outils et stratégies éducatives figurent des exercices qui lui permettent de reconnaitre les sensations et d’anticiper progressivement quand son « contenant à émotions » est sur le point de déborder. Il peut aussi dessiner dès qu’il a fini une tâche, afin que les coups de crayon et les couleurs l’aident à recouvrer son calme. Parfois, il peut quitter la classe et aller lire un conte en maternelle pour se sentir en « maîtrise » de lui…

Les liens de confiance sont ainsi renforcés entre Mathys et les personnes qui contribuent à son bien-être. Son hypersensibilité ne disparaît pas et il sera probablement affecté encore longtemps par de l’anxiété diffuse. Toutefois, Mathys dispose progressivement de moyens pour tempérer l’envahissement ressenti quand il est à l’école.

Retenons que…

1) Les enfants hypersensibles ont besoin d’être vus, entendus, respectés, compris et apaisés afin de rendre leur quotidien plus facile à vivre, mais aussi plus disponibles aux outils et stratégies qui visent à les aider.

2) Des relations respectueuses et un lien de confiance entre les élèves, ainsi qu’avec l’enseignant sont essentiels autant pour s’assurer de la bienveillance des interventions qu’une disponibilité affective pour que les jeunes hypersensibles se laissent guider.

3) Une collaboration entre les parents et l’équipe-école est très précieuse afin d’établir des repères et des moyens cohérents et sécurisants pour l’enfant qui est hypersensible.

POUR EN SAVOIR PLUS …

• Mélou & Dr Jay – L’école des émotions (accéder à la formation).

• La fabrique de l’enfant terrible et le drame de l’élève sage (accéder à la formation).

• Apprivoiser les 1001 émotions qui colorent la vie des familles / Module complet sur les enfants hypersensibles (accéder à la formation).

JACOB, 12 ANS

Avez-vous parfois l’impression que votre ado lit en vous comme un livre ouvert?

À l’école, Jacob n’a pas beaucoup d’amis. Ses parents sont inquiets parce que leur fils préfère s’isoler plutôt que de se mêler aux autres.

Lorsqu’ils en discutent, Jacob leur avoue qu’il ne se sent pas vraiment à sa place parmi les élèves de son âge. Il se sent différent et il sait que les autres élèves le trouvent comme « bizarre ».

En effet, Jacob est reconnu pour être prompt et dire ce qu’il pense et ressent sans retenue. On lui reproche souvent son manque de tact. Les élèves et les enseignants en sont parfois choqués. Ce qui lui vaut d’être parfois mis de côté.

Les parents de Jacob ont aussi droit aux commentaires et aux paroles directs de leur fils. Cela les dérange, mais ils reconnaissent que ses propos sont souvent pleins de vérités.

« Ça fait mal, parfois, mais notre fils est intègre, » reconnaissent-ils quand ils parlent avec leurs amis.

Jacob ne se gênera pas pour nommer ce qu’il voit, entend et ressent. Il faut le voir observer les individus et être capable de nommer les incohérences, de mettre le doigt sur des réactions qui ne font pas de sens pour lui. Un jour, il sera sans doute capable de mieux choisir ses « combats » mais, pour le moment, ses reflets sont compris comme des impertinences, des objections irrationnelles ou un manque de collaboration.

Force est de constater que Jacob semble comprendre rapidement les personnes qu’il croise et préfère ne pas rester dans des environnements irrespectueux envers ses valeurs. Il faut parfois reconnaître qu’il interprète aussi certains événements ou certaines situations à travers de biais cognitifs. C’est normal, c’est un ado. Il a besoin d’être aussi guidé.

S’il préfère être seul que mal accompagné, il ne peut pas partir de l’école. C’est ainsi que les élèves et les adultes qui gravitent autour de lui se retrouvent fréquemment pris au dépourvu. Ceux-ci réagissent et Jacob constate qu’il s’attire de plus en plus de ressentiment des autres.

Les parents de Jacob sont touchés par l’hypersensibilité de leur fils, mais comment la rende positive et en faire quelque chose d’utile? Pour le moment, leur fils s’isole de plus en plus car il comprend qu’il blesse les autres alors que ce n’est pas ce qu’il souhaite.

• Comment outiller et guider notre jeune afin qu’il utilise son hypersensibilité de façon constructive?
• Comment amener notre jeune à comprendre et à ressentir les émotions qui lui appartiennent de celles qui ne lui appartiennent pas?
• Comment le guider pour déceler ses biais cognitifs qui perturbent sa lecture des comportements d’autrui?

APPRENDRE À CHOISIR SES COMBATS EN RÉGULANT SES PENSÉES ET SES AFFECTS

Grâce à la formation 1001 émotions animées par Joël Monzée qui aborde notamment le thème de l’hypersensibilité affective, les parents de Jacob commencent à mieux comprendre leur adolescent et comment fonctionne son cerveau et sa capacité d’analyse des relations.

Ils décident alors de mettre en pratique les stratégies psychocorporelles qui contribuent à ressentir les émotions et à prendre conscience de ses pensées, tout en évitant que Jacob ne décharge instantanément le fruit de son analyse, justifiée ou biaisée, de la situation qu’il vit.

Ils accompagnent désormais leur fils pour qu’il découvre que les sensations corporelles peuvent l’aider à réguler ses pensées et ses affects. Comme son cerveau n’a pas encore la maturité requise, la présence des parents est essentielle. Par ailleurs, il est plus facile de guider un jeune quand il est pré-adolescent que lorsqu’il rencontrera sa première crise autour de ses 13 ans.

Profitant de sa disponibilité et de la confiance mutuelle qu’ils entretiennent depuis toujours, les parents de Jacob aident leur fils à identifier comment il se sent quand il est envahi par une émotion grâce notamment à quelques questions:

• Comment je me sens ?
• Qu’est-ce que je ressens dans mon corps ?
• Est-ce que l’émotion que je vis en ce moment m’appartient ?

Après être passé par ces différentes questions, ils amènent leur fils à prendre quelques bonnes respirations, en commençant par une expiration puissante, tel que c’était conseillé dans la formation sur les 1001 émotions vécues par les enfants et les ados (et aussi les parents!).

Une fois qu’il se sent mieux, ils le guident vers cette réflexion: «Comment est-ce que je peux nommer aux autres ce que je ressens et ce que je perçois sans blesser, et ce, de façon à ce que ça soit constructif dans ma relation avec les autres?»

Au début, ces questionnements sont complexes et demandent du temps à être intégrés, y compris pour des adultes, car notre éducation tient peu compte des affects dans un monde voué à la performance.

C’est pourquoi les parents s’engagent à faire de temps à autre l’exercice pour eux-mêmes en verbalisant à haute voix à leur fils comment ils s’y prennent pour réguler leurs pensées et leurs émotions.

Toute cette démarche demande du temps et beaucoup de bienveillance de la part des parents. Toutefois, tous les membres de la famille se retrouvent mieux outillés pour réguler les réactions déclenchées par l’hypersensibilité de Jacob.

Somme toute, Jacob a ouvert une porte autant pour lui que pour ses parents, afin qu’ils puissent vivre plus de bonheur et de sérénité.

Retenons que…

1) L’hypersensibilité affective chez les jeunes peut se traduire par une perception plus développée des enjeux, de l’ambiance et de l’émotivité des personnes qui les entourent.

2) Il est important d’être présent comme parent pour soutenir son jeune dans la compréhension de ce qu’il vit comme émotion et pour identifier comment il la ressent dans son corps. Cela permet de réduire les interprétations erronées des situations vécues.

3) L’anxiété diffuse déclenchée par l’hypersensibilité peut s’atténuer en développant les habiletés nécessaires à prendre conscience de son expérience psychocorporelle, ainsi qu’en développant une certaine bienveillance envers autrui.

4) Au fil du temps, la création d’une forme de décodeur d’affects va permettre de mieux réguler et de mieux canaliser l’hypersensibilité pour en faire quelque chose de constructif.

POUR EN SAVOIR PLUS …

• Cerveau et adolescence: les cinq étapes pour passer du monde de l’enfance à l’âge adulte (accéder à la formation).

• Apprivoiser les 1001 émotions qui colorent la vie des familles / Module dédié à l’hypersensibilité des enfants et des ados (accéder à la formation).

• Pleine Présence et gestion des émotions des ados: initiation (accéder à la formation).

• Choisir la pleine présence pour prendre soin de soi quand le stress est chronique: formation (accéder à la formation).

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