POURQUOI CRÉER UN LIEN DE CONFIANCE AVEC LES JEUNES?

Par Cerveau et Psychologie

On oublie facilement que le comportement des enfants et des ados nous informe de son bien-être comme de son mal-être. Les comportements dérangeants sont très souvent la manière (maladroite) par laquelle ils nous disent qu'ils vivent quelque chose de difficile. En les sécurisant avec des interventions respectueuses, il leur est alors progressivement possible de privilégier les réactions constructives. Par contre, le manque de sécurité va augmenter les comportements qu'on voudrait voir disparaître.

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Comme adulte, que nous soyons parent ou intervenant, nous souhaitons tous que les enfants et les ados se sentent bien et s’épanouissent dans les différentes sphères de leur vie, tant à la maison qu’à l’école ou à la garderie.

• Que faire quand notre enfant peine à se lever le matin, car il n’a pas envie d’aller à l’école?
• Que faire quand notre enfant fait d’énormes crises le soir?
• Est-ce que nous avons confiance en l’adulte qui s’occupe de notre enfant?
• Comment faire pour apaiser notre enfant et l’amener à se sentir en sécurité dans un environnement qui est nouveau ou qui lui demande de s’adapter?

Et si une des réponses à tout cela pouvait être l’importance de liens sécurisants et apaisants entre les enfants et les adultes dans les différents lieux où il est amené à vivre et à se développer?

Dans cet article, nous vous proposons donc de mieux comprendre pourquoi un lien de confiance est essentiel pour sécuriser et apaiser les enfants et les ados, mais aussi les adultes à la garderie, à l’école et à la maison…

JASMINE, 5 ANS

L’enfer à la maison! Alors que leur fillette était si heureuse ces dernières années à la garderie, ainsi que cet été lorsqu’ils faisaient du camping, Jasmine s’oppose à tout et pleure de rage presque tous les soirs.

• Pourquoi explose-t-elle dès qu’on lui demande de mettre la table?
• Pourquoi griffe-t-elle sa cousine qui vient jouer avec elle avant le souper?
• Pourquoi a-t-elle recommencé à mouiller son lit?

LES PARENTS DE JASMINE NE SAVENT PLUS QUOI FAIRE…

Les parents de Jasmine sont désespérés. Ils ne reconnaissent plus leur fillette. C’est ainsi depuis quelques semaines. Quand ils la questionnent, elle leur dit qu’elle a de moins en moins envie d’aller à l’école. Pourtant, elle se faisait une telle joie de rejoindre sa cousine qui était entrée en maternelle une année plus tôt!

Les matins sont plus difficiles, ils doivent constamment lui rappeler de s’activer dans ses tâches pour ne pas être en retard.

Le soir, avant le dodo, Jasmine fait régulièrement des crises et elle nomme qu’elle ne veut pas aller à l’école le lendemain.

Ils observent que leur fille a développé un réflexe de manger une mèche de ses cheveux, ce qu’elle ne faisait pas avant son entrée à l’école. Pourquoi fait-elle cela?

Les parents sont préoccupés par l’état de leur fille. Jasmine avait tellement hâte de commencer la maternelle, de rencontrer son enseignante et ses nouveaux amis.

Les parents essaient de comprendre pourquoi leur fille ne se sent pas bien à l’école. En discutant avec leur fille, Jasmine leur confie qu’elle n’a pas d’amis, que les élèves n’écoutent pas bien les consignes et qu’ils font beaucoup de bruits dans la classe.

• Comment faire pour accompagner les enfants lorsqu’ils ne se sentent pas rassurés quand ils sont à la garderie ou à l’école?
• De quelles façons un lien sécurisant et apaisant peut être bénéfique autant pour les enfants que pour les adultes?
• Qu’est-ce qui pourrait contribuer au sentiment de sécurité et d’apaisement chez mon enfant?

SANS LIEN DE CONFIANCE, JASMINE N’ARRIVE PAS À SE SENTIR EN SÉCURITÉ

Le temps passe et les parents de Jasmine se rendent compte que les choses se sont améliorées depuis deux semaines. Tiens, Jasmine parle beaucoup de Stéphanie!

Les parents apprennent que, Stéphanie, l’éducatrice spécialisée, est dans la classe avec son enseignante pour aider les élèves qui en ont besoin.

Pour Jasmine, cette personne ressource fait toute la différence dans son quotidien. Dès son arrivée à l’école, Jasmine va faire un long câlin à Stéphanie qui l’accueille à bras ouverts. Elle aime lui prendre la main pour entrer dans l’école. Elle aime savoir que Stéphanie est présente dans la classe. La qualité du lien rassure Jasmine.

Même pour l’enseignante, la présence de Stéphanie est réconfortante, car elles se respectent beaucoup. C’est ainsi que les élèves font moins de bruits dans la classe et respectent mieux les consignes.

Retenons que …

1) Les câlins consentis ont un apport dans le sentiment de sécurité et d’apaisement chez l’enfant.

2) Aider les enfants à nommer et comprendre leurs émotions contribue au sentiment d’apaisement et de sécurité.

3) Tant pour les adultes que pour les enfants, une dynamique familiale ou de groupe où un lien de confiance et de respect est bien établi contribue au bien-être de tous et favorise le sentiment de sécurité.

4) Pour un enfant, un lien de sécurité et de confiance avec l’adulte qui prend soin de lui est fondamental pour son développement affectif et social.

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Voici des ressources pour vous aider à aider les enfants à mieux vivre ses émotions:
• Mélou & Dr Jay – L’école des émotions (accédez à la formation)
• Importance du lien de confiance pour favoriser la réussite scolaire (accédez à la formation)

Voici une ressource pour aider les élèves :
• Réussir la première transition scolaire: enseigner autrement en maternelle (accédez à la formation)

LUDOVICK, 9 ANS

Isabelle, une enseignante de 3e année, est préoccupée par certains des comportements de son élève Ludovick.

• Pourquoi se bagarre-t-il dans la cour de récréation avec ses copains?
• Pourquoi est-ce qu’il y a régulièrement des bousculades dans les rangs?
• Pourquoi est-ce qu’il se met en colère dès qu’on change de matière en classe?

L’ENFANT SE DÉSORGANISE FACILEMENT

Informés, les parents ne savent plus quoi faire. Ils sont, en plus, convoqués à une réunion d’urgence, alors que l’école songe à l’envoyer vers une autre école qui «serait plus en mesure de répondre à ses besoins.»

Quand il joue avec les copains du quartier, durant les fins de semaine ou lors des activités sportives qui lui permettent de se défouler, les activités se déroulent bien. D’ailleurs, il est reconnu comme un jeune leader positif tant au soccer qu’au hockey.

Pourtant, c’est difficile pour lui depuis le début de sa scolarité. Ça marche à la maison et lors des loisirs, mais la vie scolaire est difficile. Pire, il est désormais reconnu pour être l’enfant bagarreur!

Plus souvent qu’autrement, il arrive à l’école en colère. La directrice explique aux parents que, dans l’autobus, des plus vieux l’agacent. Comme il se défend agressivement, le chauffeur le chicane.

Dans la cour d’école, avant son entrée en classe, il arrive souvent que Ludovick se retrouve dans des situations de conflit.

Les parents expliquent qu’il arrive à l’école souvent le ventre vide, car il n’a pas eu le temps de manger. Ils ont beau le réveiller tôt et le chicaner pour qu’il s’habille, rien n’y fait. À la dernière minute, il saute dans ses vêtements, puis sort pour attendre le bus.

Son enseignante, Isabelle, explique qu’à peine la journée commencée, Ludovick est déjà à fleur de peau et qu’il n’est pas du tout disponible pour ses apprentissages. Il entre dans la classe, il parle fort, il n’a pas envie de faire sa routine du matin. Il se désorganise rapidement.

La matinée débute ainsi et elle donne le ton au reste de sa journée.

• De quelles façons un lien sécurisant et apaisant entre un enfant et l’adulte qui prend soin de lui peut-il être bénéfique?
• Comment accompagner un enfant qui a besoin d’être sécurisé et apaisé?
• Que se cache-t-il derrière les comportements dérangeants d’un enfant?

EN RECRÉANT UN LIEN CHALEUREUX LE MATIN, LUDOVICK SE SENT EN CONFIANCE

Plutôt que de confronter les parents et augmenter leurs inquiétudes face aux comportements de leur fils, Isabelle tente différentes approches auprès de Ludovick. En effet, le problème se présente surtout à l’école, donc elle se donne la mission de transformer son agressivité en force pour qu’il soit, comme dans ses activités sportives, un leader positif.

Elle observe que lorsqu’elle prend le temps de l’accueillir le matin avec une voix calme, un regard doux, une main réconfortante sur l’épaule, Ludovick semble moins tendu par la suite.

Parfois, lorsqu’elle le sent plus agité, elle lui demande: «Je te sens agité Ludovick ce matin. Est-ce que je me trompe? Est-ce que tu veux me parler de ton matin? Qu’est-ce qui te permettrait de t’apaiser? Un mandala, lire, aller dans le coin lecture?»

Les journées de Ludovick ne sont pas parfaites mais il se sent compris et accueilli par son enseignante.

Ludovick se sent en confiance avec son enseignante et cela lui permet d’alléger quelque peu son lot d’émotions et de mieux les ressentir.

Avec le temps, Ludovick fonctionne mieux en classe mais Isabelle reste tout de même préoccupée par l’état émotionnel de Ludovick et elle décide de demander un support au TES de l’école.

Elle veut investiguer davantage auprès de Ludovick: qu’est-ce qui pourrait expliquer toute cette colère ?

Pour sa part, l’éducateur spécialisé prend aussi le temps de discuter avec Ludovick. Toutefois, Ludovick est plutôt fermé aux échanges. Il ne veut pas trop parler de ce qui se passe à la maison.

Mais, lorsqu’il parle de sa grand-mère, ses yeux s’éclairent et son corps s’apaise. Il arrive parfois qu’il dorme chez grand-maman, il aime cuisiner et écouter des films avec elle. Le lien avec sa grand-maman est très important pour Ludovick.

Retenons que…

1) Un enfant qui se sent vu, entendu et compris de l’adulte qui prend soin de lui se sentira davantage en sécurité et en confiance.

2) Outiller l’enfant à prendre soin de lui et à prendre des moments pour s’apaiser favorise son sentiment de sécurité et de confiance.

3) Le parent n’est pas la seule personne à pouvoir contribuer au sentiment de sécurité et d’apaisement chez un enfant. Par exemple, un grand-parent ou en enseignant peut contribuer grandement au sentiment de sécurité et d’apaisement chez un enfant.

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Voici des ressources pour vous aider à aider les enfants à mieux vivre leurs émotions:
• Importance du lien de confiance pour favoriser la réussite scolaire (accédez à la formation)
• Canaliser les colères pour en faire une force (accédez à la formation)
• Transformer l’opposition en affirmation de soi (accédez à la formation)

CHLOÉ, 12 ANS

Catherine est amenée à enseigner dans une classe d’ados. Elle se réjouit d’avance de ce nouveau défi. Elle avait bien aimé son stage dans cette école lorsqu’elle était en formation. Quand on l’a appelée, elle avait sauté de joie… Une aventure tant désirée se met en œuvre.

L’ENSEIGNANTE EST DYNAMIQUE, MAIS CHLOÉ EST SI ANXIEUSE

Pourtant, elle sait que cela peut devenir difficile. En effet, la classe pourrait mal réagir à son arrivée. En fait, elle sera déjà la 3e enseignante titulaire que les élèves auront eue cette année scolaire. Qu’à cela ne tienne, elle anime des jeunes chaque été depuis des années!

Elle s’attend à ce que les élèves soient fébriles à l’idée de s’adapter encore une fois à un nouvel enseignant.

Elle fait quelques activités qui n’ont qu’un seul but : créer un lien de confiance entre eux et elle. Elle organise notamment des cercles de parole avec ses élèves pour leur permettre d’exprimer ce qu’ils vivent et apprendre à mieux les comprendre.

Parmi les élèves, Chloé est particulièrement anxieuse.

• Pourquoi gruge-t-elle ses ongles?
• Pourquoi son corps semble tendu et replié sur lui-même?
• Pourquoi évite-elle toutes discussions avec son enseignante?

Lorsque vient le temps d’effectuer un travail, Chloé ne se sent pas bien. Elle a beaucoup de difficulté à se mettre à la tâche. Fait-elle de l’opposition passive ?

• Comment faire pour rassurer cette élève et les autres alors qu’ils en sont à leur 3e enseignante?
• De quelles façons l’absence de lien sécurisant et apaisant peut-il nuire aux apprentissages des élèves?
• Comment développer un lien de confiance avec des enfants ou des adolescents qui sont blessés en relation?
• Pourquoi une relation sécurisante avec les enfants ou les adolescents peut-elle contribuer au bien-être du parent ou de l’intervenant?

MÊME LES ADOS ONT BESOIN, COMME CHLOÉ, DE LIENS RASSURANTS À L’ÉCOLE !

Depuis le début de l’année, les élèves ont dû s’adapter à différentes façons d’enseigner, ils ont dû s’adapter à des personnalités différentes.

Catherine, l’enseignante, décide de prendre le temps de discuter avec les élèves et de leur demander ce qu’ils ont trouvé difficile depuis le début de l’année.

Les cercles de parole lui permettent de laisser parler chaque élève, tout en installant un climat de confiance, d’écoute et de respect.

Elle leur a aussi demander de remplir un petit questionnaire où ils pouvaient écrire ce qui leur plaît de l’école, les moments où ils s’y sentent bien et ce qu’ils souhaitent d’ici la fin de l’année.

Les élèves ont bien participé à ces échanges. Ils semblent avoir apprécié cette démarche et ils ont aimé se sentir écoutés et compris.

Avec l’autorisation des élèves, Catherine prend le temps de lire les réponses au petit questionnaire. Elle y apprend que Chloé aime beaucoup passer du temps avec l’orthopédagogue.

Chloé et Annie, l’orthopédagogue, travaillent ensemble depuis plusieurs années. Elles ont développé un beau lien de confiance toutes les deux.

En sachant cela, toutes les trois s’entendent pour que Chloé puisse rendre visite à Annie lorsqu’elle en ressent le besoin, surtout lorsqu’elle se sent nerveuse, angoissée pour une évaluation ou pour un travail.

Chloé revient souvent en classe avec un petit message avec un mot dessus : «Tu es capable! Une question à la fois!», «Je suis avec toi!». Ces petits mots lui font un baume sur le cœur, l’apaisent.

Chloé sait que le lien avec Annie est là malgré les nombreux défis d’adaptation depuis le début de l’année.

Retenons que…

1) Comme un câlin, les petits mots doux contribuent au sentiment d’apaisement et de sécurité chez les enfants et les ados.

2) Comme adulte, entretenir des relations sécurisantes avec mes enfants, mes élèves ou même avec mes collègues contribue à mon propre sentiment de sécurité et d’apaisement.

3) Comme adulte, si je me sens bien avec mes enfants ou mes élèves, cela contribuera à leur propre sentiment de sécurité et d’apaisement.

VOUS AIMERIEZ EN SAVOIR PLUS SUR LES STRATÉGIES POUR INTERVENIR EFFICACEMENT POUR QUE LES ADOS VIVENT MIEUX LEURS ÉMOTIONS?

Voici des ressources pour vous aider à aider les ados à mieux vivre leurs émotions:
• Importance du lien de confiance pour favoriser la réussite scolaire (accédez à la formation)
• Cerveau et adolescence: les cinq étapes pour passer du monde de l’enfance à l’âge adulte (accédez à la formation)

Voici des ressources pour vous aider à aider les élèves à mieux vivre leurs émotions dans des moments de transition:
• Transformer l’opposition en affirmation de soi (accédez à la formation)
• Créer des cercles de parole avec vos élèves (accédez à la formation)

Dossier préparé par Joël Monzée & Jade Dufort – © Institut de psychologie et neurosciences, 2022.

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