POURQUOI LES MOMENTS DE TRANSITION REQUIÈRENT-ILS UNE PRÉSENCE BIENVEILLANTE AUPRÈS DES ENFANTS ET DES ADOS?

Par Cerveau et Psychologie

Tant pour les enfants que les ados, les moments de transition du stress et de l’anxiété, car ils sont synonymes de changement de lieux, de perturbation dans certaines routines ou façons de faire qui sont amenés à changer, de deuil quand on quitte une situation agréable et stimulante, etc. Comment les aider à apprivoiser les moments de transition pour qu'ils s'expriment de manière constructive?

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Le cerveau a deux missions. D’une part, assurer le fonctionnement général de toutes les structures et fonctions du corps. D’autre part, permettre à l’individu de s’adapter de manière optimale à son environnement. Le processus d’adaptation est intimement relié au stress et à l’anxiété. L’apprentissage et l’anticipation des conséquences possibles d’une modification de l’environnement sont au cœur de ce processus.

C’est ainsi que les moments de transition génèrent plus de stress et d’anxiété, car ils sont synonymes de changement de lieux, de perturbation dans certaines routines ou façons de faire qui sont amenés à changer, de deuil quand on quitte une situation agréable et stimulante, etc. Les émotions vont guider la personne vers une solution présumée optimale, malgré les fréquentes maladresse comportementale ou corporelle.

Un enfant qui passe de la maison de maman à celle de papa, de la classe à la cour de récréation, d’une activité qui le motive à un cours moins stimulant, d’une occupation en groupe à un travail individuel, d’un professeur à un autre, etc.

Les transitions sont donc normales, car la vie est mouvement et elle amène avec elle son lot de nouvelles expériences et donc de demandes d’adaptation à ces nouvelles opportunités. Les émotions vont s’accumuler toute la journée, le stress tout autant.

Comme adulte, nous sommes outillés à faire face aux changements et à utiliser nos ressources précieusement acquises au fil du temps et de nos expériences de vie. Bien que… Certains adultes ont de la difficulté à vivre l’incertitude et les changements.

Alors, qu’en est-il des enfants quant à la façon dont ils traversent petits et grands moments de transition ?

• Que se passe-t-il dans leur cerveau et dans leur corps lors d’une transition agréable comme désagréable ?
• Comment vivez-vous les moments de grandes transitions de vos enfants?
• Êtes-vous dans le lâcher-prise en vous disant que tout va bien se passer ou êtes-vous plutôt dans la peur, dans la crainte que votre enfant ait de la difficulté à vivre ce moment de transition ?
• De quelles façons nos propres ressentis vont-ils influencer ce moment de transition chez notre enfant ?
• Comment prendre soin de nous et de notre enfant dans ces moments de grandes transitions ?

Dans ce dossier, nous vous proposons donc de mieux comprendre ce qui se passe dans le corps et dans le cerveau de nos enfants et de nos ados lorsqu’ils vivent petits et grands changements dans leur vie.

LÉO, 5 ANS

Léo vient d’entrer en maternelle. Sachant que la plupart des transitions représentaient un défi pour leur fils, les parents anticipaient des difficultés pour s’adapter à la vie scolaire. Toutefois, ils sont encore plus préoccupés ces jours-ci. En effet, ils discutent de séparation

LA SÉPARATION

Avec une certaine mélancolie, ils se souviennent de leur rencontre, des premiers soirs, de leur premier voyage, des fous-rire… des premières déceptions aussi, mais ils s’aimaient. Ils passaient par-dessus les obstacles.
Un jour, ils aménagèrent ensemble, puis ils se marièrent. L’idée d’avoir un enfant s’est alors imposée.

• Mais, comment maintenir une vie de couple quand on devient parent ?
• Comment maintenir sa vie professionnelle florissante quand la réalité d’une jeune famille s’impose dans leurs horaires ?

Ils s’aiment encore. Ou, du moins, ils se respectent. Leurs intentions changent. Ils adorent leur fils, mais la séparation est de plus en plus inévitable.

Ils anticipent l’impact pour leur fils. En plus de son entrée en maternelle, Léo devra s’adapter à un nouveau milieu, à de nouvelles routines. Il va aussi devoir composer avec de nouveaux adultes et des élèves. Certes, il va apprendre, mais toutes ces adaptations amènent leur lot de stress.

Ils avaient choisi un milieu aussi stable que stimulant pour Léo. C’est ainsi qu’il a grandi dans une garderie en milieu familial. Ils étaient 6 enfants dans le groupe. Aujourd’hui, il doit composer avec 17 autres élèves. Ils se demandent aussi comment leur fils va composer avec les différents moments de la journée, les différentes transitions et toutes les routines qui les accompagnent.

• Comment vivez-vous avec la rentrée des classes de votre enfant ?
• Éprouvez-vous certaines inquiétudes ou, au contraire, êtes-vous plutôt confiant ?
• Si vous vous êtes séparés, est-ce que vous avez hésité longtemps pour ne pas nuire à vos enfants ?
• Aviez-vous peur de vivre « une semaine sans eux » ?
• Comment l’enfant réagit-il quand ses parents se séparent ?
• Est-ce qu’il fera plus de crises chez maman que chez papa ?
• Sera-t-il sage à la maison, mais terrible en classe ?
• Est-ce qu’il s’adapte facilement aux changements de maison, au manque du parent-absent, malgré la tendresse du parent-présent ?

UN PAS À LA FOIS, ON ACCOMPAGNE AVEC DOUCEUR ET RESPECT

Ils se demandent comment Léo vivra cette séparation. Un jour, ils prennent leur courage à deux mains. Ils utilisent une petite histoire, racontée calmement dans le divan. Ils lui annoncent que, désormais, il aura non seulement une école, mais aussi deux maisons.

Pour l’une des deux, il devra prendre l’autobus. Quelque part, il est triste, mais il ne comprend pas trop ce que cela implique « avoir deux maisons ». Heureusement, il a hâte, chaque matin, de revoir son enseignante et ses nouveaux amis.

Les parents craignent de transmettre leurs peurs et leur peine à leur fils. Ils se demandent comment va se faire cette transition si importante. Heureusement, ils sont encore complices et respectueux. Ils n’osent pas imaginer le défi que représenterait une séparation conflictuelle.

Leur garçon écoute bien les consignes, mais c’est aussi un enfant qui adore bouger, être dans le mouvement.

• Comment vivra-t-il tous ces moments où il devra attendre son tour, être assis à une chaise, attendre dans un rang, être calme dans le bus ?

• Comment peut-on accompagner nos enfants dans cette transition de la garderie à la maternelle, puis d’une maison à l’autre ?

• Comment accompagner notre enfant de façon bienveillante et soutenante dans ces nouvelles aventures pour qu’elles puissent se vivre tout en douceur ?

Les parents de Léo décident de faire confiance à ce qui se passera à l’école. D’une manière un peu pragmatique, le père de Léo se dit qu’ils n’ont pas beaucoup d’impact sur ce qui peut s’y passer. La maman est d’autant moins à l’aise qu’elle se sent coupable d’avoir choisi de quitter son conjoint. Elle s’imagine qu’elle aurait dû être plus conciliante, alors qu’elle va désormais briser la famille.

Heureusement, ils peuvent s’assurer de maintenir des routines similaires dans les deux maisons et permettre le transfert de doudous d’une maison à l’autre. Une amie de la maman a cédé un tee-shirt avec son parfum pour que ses enfants la « sentent » quand ils sont chez leur père. Lui, il n’est pas très à l’aise et réagit souvent. C’est d’autant plus compliqué qu’il a une nouvelle blonde qui n’est pas très contente de voir des « traces » de l’ex-du-père.

Heureusement, les parents de Léo veulent rester des amis. Autant pour le bien de leur fils que parce qu’ils sont reconnaissants des moments privilégiés passés ensemble. Ils planifient aussi créer des occasions, comme lors des anniversaires, où ils fêteront leur coco ensemble. Somme toute, ils savent que Léo va devoir adapter sa vie, mais ils veulent préserver tout ce qui contribue au bien-être de Léo dans cette période de transition.

Et parmi les règles qu’ils se donnent, c’est de ne pas trop charger les soirs et les fins de semaine afin que Léo puisse vivre autant des moments stimulants que d’autres plus reposants.

• Est-ce que ce sera suffisant ?
• Quoi faire de plus ?

Retenons que…

1) Une présence bienveillante est essentielle pour accompagner nos enfants, surtout lors des périodes de grandes transitions.

2) Observer, être à l’écoute, comprendre ce que vit notre enfant et utiliser des approches qui seront soutenantes afin qu’il développe ses ressources dans cette nouvelle expérience. Pour arriver à se sécuriser, l’enfant a besoin de l’adulte et de conditions affectives sécurisantes,

3) Afin d’accéder à une posture bienveillante comme parent et d’utiliser le meilleur de soi, nous devons d’abord être en paix avec nos propres émotions. Si la rentrée de notre enfant nous rend anxieux, par exemple, nous devons prendre soin de cette émotion.

4) La bienveillance repose essentiellement sur l’intégrité, la cohérence, la compassion et le respect. La bienveillance se transmet par notre posture, nos gestes, nos actions et nos paroles.

5) Quand nous vivons de grands changements, il est nécessaire de s’ancrer dans des repères qui sont encadrants, sécuritaires, aimants et soutenants. Toute la famille en bénéficie.

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Voici des ressources pour vous aider à aider les enfants à mieux vivre ses émotions:

• Mélou & Dr Jay – L’école des émotions (accédez à la formation)

• Les crises de l’enfant de 3 à 7 ans (accédez à la formation)

• Choisir d’intervenir avec bienveillance dans sa famille (accédez à la formation)

Voici une ressource pour aider les élèves :

• Réussir la première transition scolaire: enseigner autrement en maternelle (accédez à la formation)

LAURENT, 7 ANS

Comme adulte, lors de certains changements ou transitions, nous laissons quelques peurs ou craintes nous envahir.

Toutefois, nous sommes des adultes et nous n’en sommes pas à nos premières expériences reliées au changement.
Nous avons développé au fil du temps des stratégies qui nous permettre de faire face aux changements plus facilement.

• Mais qu’en est-il des enfants et de leur adaptation aux changements ?

• Comme adulte, quelle posture devons-nous adopter afin d’accompagner les enfants dans ces expériences reliées au changement ?

Martine accueille un nouvel élève dans sa classe.

Elle ne sait pas beaucoup de chose à propos de cet enfant.

Elle sait seulement qu’il s’appelle Laurent et qu’il vient d’emménager.

C’est toujours un moment incertain lorsqu’un élève s’ajoute au groupe pendant l’année.

Martine a certaines craintes.

Elle se demande s’il s’intègrera bien à la dynamique de la classe.

Elle se demande quel est son profil d’élève.

• Est-il calme ou actif ?

• A-t-il des difficultés d’apprentissage ?

• Sera-t-il au même endroit que les autres élèves dans la progression des apprentissages ou devra-t-il rattraper certains concepts ?

• Saura-t-elle créer un lien avec lui ?

Toutes ces questions représentent les craintes de Martine.

• Qu’en est-il des craintes de Laurent et de ses appréhensions en lien avec son changement d’école, de ville, de maison ?
• Se mettra-t-il en colère ?
• Est-ce que la peine et l’anxiété vont nuire à ses apprentissages ?
• Sera-t-il capable de créer des liens ou sera-t-il en situation d’opposition ?
• Quels pourraient être les besoins de Laurent dans cette période de vie où plusieurs de ses repaires n’existent plus ?

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En réfléchissant à ces dernières questions, Martine se dit que Laurent a probablement plus besoin d’être accompagné, d’être soutenu, d’être écouté qu’elle n’a besoin d’être rassurée.

Martine se dit que le plus important est que le nouvel élève se sente accueilli par les autres enfants. L’idée, c’est qu’il se sente bien dans sa nouvelle école, dans sa nouvelle classe, avec sa nouvelle enseignante et les autres élèves.

Tous ces changements représenteront certainement beaucoup de moments où il devra s’adapter et comprendre ce qu’on attend de lui dans son nouvel environnement. Il pourra être sur-réactif ou, au contraire, tout faire pour disparaître.

Elle décide donc de mettre certaines de ses attentes ou questionnements de côté et de s’attarder davantage sur l’enfant qu’elle accueillera dans sa classe : prendre le temps de l’accueillir, prendre le temps de le connaitre et prendre le temps de créer un lien de confiance avec lui.

Cette préparation mentale de Martine est essentielle. Le piège, c’est de tomber dans un doute quant à ses capacités d’accueillir un enfant, alors qu’elle… doute justement.

Certaines personnes appellent cela le syndrome de l’imposteur. C’est un état émotionnel qui accompagne les transitions importantes dans une vie ou qui freine l’élan naturel quand on aspire à faire les choses correctement.

Cela n’a rien à voir avec l’enfant. Ou l’activité. C’est juste une émotion qui nous dit de faire attention, d’être précautionneux, de prendre le temps de bien analyser la situation avant d’agir. Certains restent bloqués dans cet état et les peurs peuvent devenir envahissantes.

Toutefois, Martine peut accueillir ses émotions et en prendre soin grâce aux outils de la pleine présence. Elle pourra alors mieux vivre cette adaptation. Si Laurent la confronte, elle pourra y voir une trace de résilience, un peu maladroite, mais une force à canaliser simplement. Elle pourra voir comment attirer l’attention de son nouvel élève quand il sera plus dissipé, plutôt que de se fâcher sur lui.

Le reste suivra certainement.

Retenons que…

1) Lorsque l’enfant vit de grands changements, cela apporte certainement son lot de stress. Certains comportements peuvent ainsi apparaitre en réaction au stress qu’apporte tous ces changements.

2) Lors des périodes de transition, nous pouvons voir émerger chez l’enfant des comportements amplifiés par la peur, la colère, la tristesse, le dégoût et même des excès de joie. Tout cela est normal. Les émotions mobilisent !

3) Comme adulte, nous sommes responsables du contexte dans lequel l’enfant évolue. Développons notre capacité d’écoute et de regard vers l’enfant selon ses besoins et ses manques.

4) Lors des périodes de transition, l’enfant a besoin d’un cadre affectif sécurisant afin d’avoir accès à ses ressources et, aussi, afin d’en développer de nouvelles.

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Voici des ressources pour vous aider à aider les enfants à mieux vivre ses émotions:

• Déjouer les comportements dérangeants et irritants chez les enfants (accédez à la formation)

• Choisir d’intervenir avec bienveillance dans sa famille (accédez à la formation)

• Apprivoiser les 1001 émotions qui colorent la vie des familles (accédez à la formation)

Voici une ressource pour aider les élèves :

• La fabrique de l’enfant terrible et le drame de l’élève sage (accédez à la formation)

• Prendre soin de soi pour rester serein dans un contexte scolaire plein d’incertitudes (accédez à la formation)

ANNE-MARIE, 17 ANS

Durant l’été de tous les changements, Anne-Marie est à la fois heureuse et angoissée face à toutes les nouveautés dans sa vie: elle a reçu son diplôme de secondaire; elle a enfin passé son permis de conduire, après deux échecs; l’achat de sa première voiture qu’elle doit aider à payer; un nouveau travail d’été, plus payant ; et, finalement, l’entrée au Cégep pour suivre les cours qui vont la préparer à la carrière qu’elle anticipe déjà!

Avec ses parents, elle a estimé que c’était plus facile de rester dans la maison familiale. Ils vivent dans une jolie maison cossue, au bord d’une rivière virevoltante. Elle a son arbre, celui qui écoute ses confidences, alors qu’elle s’assoit sur sa balançoire qu’elle déplace doucement chaque fois que l’anxiété est trop forte.

Comme il n’y a pas de transports en commun pour se rendre au Cégep, elle pourra conduire pour y aller. C’est correct pour l’automne, mais elle anticipe les conditions hivernales. Son père la rassure. Il lui a toujours dit que, quoi qu’il arriverait, il lui paierait toujours d’excellents pneus. « Même quand je serai mariée ? » demandait-elle plus jeune. Et son père répondait toujours que c’était une de ses priorités, un engagement formel.

Il y a toutefois des réalités auxquelles ses parents ne peuvent pas faire grand-chose. Anne-Marie devra s’habituer à un nouvel horaire, à de nouvelles habitudes entre le moment de son réveil jusqu’au moment où elle se retrouvera en classe. Elle quittera un univers un peu infantilisant pour se retrouver dans un espace de tous les possibles.

• Oui, mais comment gérer la vacuité ?

• Comment passer d’un environnement stéréotypé à un cadre plutôt libertaire, mais un projet de vie qui impose beaucoup de rigueur ?

Elle devra aussi beaucoup travailler car le programme universitaire dans lequel elle souhaite s’investir impose une excellente moyenne.

Tout ce lot de nouveautés la stresse, l’inquiète, l’angoisse…

Ses parents essaient de la guider. À la fin de l’été, ils lui avaient demandé si elle avait complété son horaire, décidé ses choix de cours, obtenu une vignette de stationnement… Anne-Marie frustrait, se fâchait et leur disait de se mêler de leurs affaires, avant de claquer la porte et de s’enfermer dans sa chambre.

Ses parents voyaient bien que leur fille était stressée. Mais, « elle est grande, elle est mature, elle a 17 ans… » se disaient-ils…

• Quand s’arrête l’accompagnement auprès de nos enfants ?

• Quand deviennent-ils autonomes dans la gestion des changements qui se présentent dans leur vie ?

Ils sont adolescents, ils veulent plus de liberté et plus d’autonomie.

• Mais, ont-ils encore besoin qu’on les accompagne à certains moments de leur vie ou doivent-ils affronter les différents moments de transition qui se présenteront à eux comme des êtres matures ?

L’IMPACT DE LA MATURATION PROGRESSIVE DU CERVEAU

En sachant que le cerveau acquière sa maturité entre 40 et 45 ans et que la société est de plus en plus complexe, l’adolescent a encore besoin du soutien et de l’accompagnement des adultes.

Les parents d’Anne-Marie pensaient qu’ils n’auraient pas besoin d’intervenir dans la gestion de tous ces changements.

Ils pensaient qu’elle se débrouillerait pour passer au travers de cette nouvelle aventure comme une grande.

Cependant, ils voient bien que leur fille appréhende énormément l’entrée au Cégep, les nouvelles libertés, mais aussi les exigences du programme couplées à celles du travail qu’elle conservera tous les dimanches pour payer sa part de l’achat de l’auto, l’essence et les éventuelles réparations, ainsi que les sorties avec les copines.

Parfois, elle explose et claque la porte. Souvent, elle se replie sur elle-même, elle est distraite, elle mange ses ongles et elle est impatiente quand un membre de sa famille essaie de lui parler.

Le père d’Anne-Marie décide à quelques jours de la rentrée d’aller faire un tour de voiture avec sa fille. Elle se demande pourquoi. Elle voudrait refuser, mais elle s’est toujours sentie si heureuse après avoir fait une balade avec son père. Aujourd’hui, c’est elle qui conduit…

Une fois en route, il lui dit : « Amène-moi à ton Cégep! »

Au début, elle ne sait pas trop s’il lui fait une blague mais elle comprend vite qu’il est sérieux.

Sur la route, ils discutent tous les deux. La tension d’Anne-Marie redescend.

Son père la guide, il lui suggère le chemin le plus simple pour se rendre à ses cours. Il lui montre aussi une alternative si jamais le trafic était trop dense et qu’elle craint d’arriver en retard.

Arrivé proche du bâtiment où elle suivra ses cours, elle va stationner sa voiture au stationnement prévu pour sa vignette.

Une fois l’auto arrêtée, Anne-Marie pense qu’ils retournent ensuite à la maison, mais son père sort de la voiture. Ils entreprennent ensemble de faire le tour de l’institution. Ils repèrent la cafétéria, la bibliothèque, le complexe sportif, etc. Ils marchent tantôt lentement, quand ils parlent, tantôt rapidement, pour modifier le rythme de la respiration.

Cette routine, le papa l’a souvent utilisée avec sa fille pour l’aider à réguler ses émotions envahissantes. Il l’aide à se créer des repères, mais aussi lui permet de construire des ancrages pour gérer l’anxiété quand elle est seule. Elle se détend.

Sa complicité retrouvée avec son père, elle s’excuse des colères des derniers jours. Il la rassure avec tendresse. « Tu sais, ma chérie, on ne choisit pas d’avoir des enfants uniquement pour les bons moments. Il y a des moments plus difficiles. C’est normal que tu aies peur, tout sera nouveau pour toi. Je te vois te retirer dans ta chambre. Tu dois te sentir parfois bien impuissante face à cette transition majeure dans ta vie. La colère, c’est une émotion qui t’aide à te reprendre en main. Tu dois l’apprivoiser pour éviter de blesser ceux que tu aimes, mais c’est un apprentissage. D’ailleurs, je t’ai fait parfois de la peine quand je me fâchais. Je suis juste toujours venu te faire mes excuses et on retrouvait notre complicité. C’est un cycle à apprivoiser pour éviter de faire mal, mais il est normal de vivre des colères. »

Au fil de la balade, Anne-Marie ressent toute la compassion de son père. Ils reprennent l’auto et prennent la direction de la maison plus détendue. Elle a le sourire.

Elle comprend que la peur du changement l’avait envahie et elle craignait que ses ressources ne soient plus accessibles. Pourtant, elle se sent choyée et remarque qu’il suffit de reprendre un à un ses outils pour canaliser ses émotions…

Le soir, elle se dirigea vers sa balançoire. Elle se donne un petit mouvement et ressent le bonheur d’avoir fait cette sortie avec son père. Elle raconte alors à son arbre préféré que cela l’a aidée à apaiser sa peur du changement.

Retenons que…

1) Même si l’ado manifeste son besoin d’indépendance et d’autonomie, certains comportements ne trompent pas ! Les comportements sur-réactifs ou sous-réactifs de votre jeune demandent à être reconnus, vus et entendus. Ils sont le langage de ses émotions.

2) Il ne faut pas hésiter à ouvrir une conversation, semer des idées, initier le développement d’une nouvelle stratégie… ce que vous semer maintenant pourrait bien émerger plus tard dans le coffre à outils de votre jeune.

3) L’adolescence dure plusieurs années et elle se caractérise par cinq étapes majeures pour développer de nouvelles ressources. En outiller son ado à développer ses habiletés affectives par des exercices de pleine présence, on l’aide à devenir une jeune femme ou un jeune homme responsable de ses engagements.

POUR EN SAVOIR PLUS…

Voici des ressources pour vous aider à aider les ados à mieux vivre ses émotions:

• Cerveau et adolescence: les cinq étapes pour passer du monde de l’enfance à l’âge adulte (accédez à la formation)

• Apprivoiser les 1001 émotions qui colorent la vie des familles (accédez à la formation)

• Pleine Présence et gestion des émotions des ados – initiation (accédez à la formation)

• Choisir la pleine présence pour prendre soin de soi quand le stress est chronique – formation (accédez à la formation)

Dossier préparé par Joël Monzée & Jade Dufort – © Institut de psychologie et neurosciences, 2022.

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